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La princesse et le croque-note

Cool ! Ils se sont couchés dans l’émission « On n’est pas couché ». Moix et Angot ont même fait révérence nette devant le prophète Finkielkraut. Moi même je m’étais éparpillé dans une élégance factice dans une de ces émissions dont j’étais le pitoyable invité.
Donc j’attendais l’échauffourée, le grand duel. Enfin deux fines lames renverraient cet apôtre pessimiste et inquisiteur à son siècle malodorant. On allait voir ce qu’on allait voir.

Au lieu de ça deux baudruches ont cramé de leur propre hélium. Et qui lui a fait rendre gorge ? Qui lui a tenu tête au prof du collège de France ? Une inconnue, fraîche et pimpante. Une comédienne d’humour sans haine ni rancœur. Une certaine Camille Chamoux devant laquelle je m’incline à mon tour. Une meuf solaire et spontanée qui lui a soulevé la pomme d’Adam d’une déclaration des plus imparables, je cite :
– J’ai plus souvent été agressée par des mâles blancs que par des beurs de banlieue.
Par cette phrase elle a dévoilé le soubassement de la pensée du sieur Finkielkraut.

Ça tombait sous le sens car la goujaterie n’est pas l’apanage du reubeu. Une telle évidence n’a pas secoué nos contradicteurs du samedi soir. C’est à peine s’il venaient pas au secours du vieux sage défait. C’était un moment de grâce. D’un côté un animal fourbu de citations, arrimé à un tas de fiches, de l’autre un ton rafraîchissant, sincère et spontané. J’ai pourtant du respect pour « l’Encyclopédie » aux idées désormais fripées, oui du respect devant l’érudition rare de cet homme mais c’est vrai que j’attendais là qu’on lui porte la contradiction avec force rigueur car marre de cet homme qui tombe sur le rabe des reubeus à tous bout de champ. Marre de nous voir accusés de tous les maux du monde et quelle que soit la thématique il fait du reubeu l’antithèse. Quel que soit le propos un musulman s’engouffre dans son élucubration qui explique l’obscurité du monde. Ce frais académicien regrette une France qui n’existe plus voire qui n’a jamais existé. Il s’en est inventé une à sa convenance, ôtée de pauvres, d’immigrés, de communistes, de punks, de gouines, de tarlouzes et d’exclus en tous genres.

Il le dit lui même : s’appeler Mohamed c’est déjà n’être plus français. Dans son argumentation il arc-boute une France d’avant, une France des bonnes manières, érudite, catho et échafaude, une France à venir où le couscous effacerai le confit d’oie, le croissant, la croix et la langue de Molière déboutée par celle d’Averroès, ouf ! C’est pas le grand remplacement qui l’effraie, c’est le grand remplacement musulman. Il est prêt à céder à toute autre débordement mais pas celui là. Il s’est arrêté je crois à l’arabe des civilisations Abbassides ou Omeyyades. Le reubeu d’aujourd’hui n’en demande pas tant. Il le prend pour ce qu’il n’est pas, un envahisseur, un machiste, un conquérant, un fêlé, un Sarrasin venu achever Roland sur le flanc pyrénéen.

Mon cher Alain, la plus proche identité qu’on puisse lui octroyer à ce reubeu c’est celle de français n’en déplaise aux flippés… En attendant on est abasourdis qu’autant d’intelligence réduise le champ d’honneur à sa plus étroite expression.

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