C’est dur d’être haï par des cons

Abdeslam, Arrêté, qu’en ais-je éprouvé ? Qu’en déduire ?
En vrai de la colère, au bas mot une amertume car j’aurais voulu que tous ces imbéciles se targuent d’un discours, d’une démonstration taillée dans une langue solide. J’aurais toléré une argumentation même saugrenue pour justifier leurs inqualifiables actes. Oui, j’aurais aimé une thèse même obscure, une rhétorique révolutionnaire, un laïus Palestinien ? … Quelque chose qui m’aide à les comprendre mais force est de constater qu’il y a rien à gratter chez eux et rien pour me consoler d’autant de barbarie. Je suis pas consolé et c’est ça qui fait mal.
Je n’ai décelé pas plus d’antisémitisme, que de racisme ou autre haine anti-occidentale, pas de remise en cause des mécaniques ultralibérales dont ils sont les premières victimes, rien contre les impérialismes, les égoïsmes de toutes obédiences, juste de la bêtise.

Tous ces bougres ne sont pas plus musulmans, jihadistes ou fous d’Allah que mon petit poisson rouge qui me découvre à chaque tour de bocal. Ce sont des imbéciles, des idiots, des têtes de nœuds manipulées, voilà mon verdict. Expliquer leur crime c’est comme condamner à mort, un mort. Terrible ironie pour nous « peuple des lumières » que d’être ainsi réduits à l’interdiction de penser car qu’ont fait ces imbéciles sans arguments ? Ils nous ont terrorisés et ça leur a fait plaisir, super.
À chacun sa récrée. Ils se sont pris pour des cow-boys et ont trouvé l’indien. Cet indien c’est vous, moi, n’importe qui pourvu qu’il soit désarmé. C’eût pu être leur frère, leur sœur ou leurs parents, z’auraient tiré quand même. C’est cette imbécillité là qui fait mal, contre elle aucun remède fait le poids.

C’est notre grand drame de n’avoir rien à se mettre sous la dent pour consoler notre idéal bourgeois de démocrates somme toute sincère. D’avoir à débattre sur les tanches quelle humiliation ! C’est ce que je crois, toutes les thèses sont trop d’honneurs.
Que voulez-vous attendre d’un flambeur qu’a pas eu les moyens de la flambe ? D’un beau gosse à poils courts qu’a rien séduit d’autre qu’une autre barbe, d’un paumé abattu (lui) par l’ennui d’une vie sans éclats hollywoodiens. Ce qui fait mal, c’est l’absence intellectuelle de la raison du crime. Faut se contenter de trajectoires minables d’enfants oubliés de la république, pour mon plus grand malheur, des fils d’immigrés comme moi, issus des quartiers populaires, presque victimes de leurs crimes.
Et ça me peine d’être ainsi attiré vers le bas, les égouts, la fange par des gens qui me « ressemblent ».

Pourtant dans les quartiers, combien font l’effort de ne pas être plus têtus que les ânes, ou moins cons que les poissons, moins tartes qu’un oiseau qui se moque des balles. Des exclus, j’en connais des plus subversifs mais les mêler à tous ces lâches insulte l’intelligence.
Des lâches dont l’imbécillité nous condamne au jeu de la dinette, au massacre de l’éléphant dans un rayon de Porcelaine. J’en suis pas, j’ai passé l’âge mais « dieu sait que » mourir pour des prunes est le pire des châtiments, ça annihile le sens de la vie, ici même la mort est insultée.

Moi, les cons j’ai pas envie de leur donner crédit d’une expertise idéologique ou d’une spiritualité aussi fondamentaliste qu’elle se prétende, je ne leur octroie que la déroute identitaire au mieux cette pulsion d’époque qui veut qu’on s’offre son quart d’heure de gloire. Ça vaut pour pléthore de tares inoffensives : pourquoi pas les zinzins de la gâchette. Ce qui est dommage, c’est qu’on puisse pas choisir son assassin, on aimerait qu’il ait de la gueule, un argument de béton ferraillé, qu’on soit même à titre posthume consolé d’être la victime d’une cause, d’une hauteur de vue. Ici, que de l’eau de chiottes, les têtes clapotent d’un putride stagnant. On est vexés d’être ainsi anéantis par des buses, des mecs intéressants en rien, à la pensée gastéropode. Des siffleurs sans modération de mauvais houblon, des fumeurs même pas hilares. Oh vous qui pleurez des frères, sœurs, amis ou amants, n’attendez pas qu’on réponde au « pourquoi », on a bien plus qu’eux des réponses.

C’est écœurant de bêtise, ces gens défient même l’inerte, provoque l’outre-tombe. J’en reviens pas d’aussi peu de minimum vital, d’aussi peu de gris dans la matière cervicale. À qui la faute ? À vous, à moi, au chat sans doute. Quel dommage qu’on ne puisse les affronter à mains nues ! Ni à tête reposée.

Qu’il est dur d’être haï par des cons.

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