Je préfère perdre et me perdre dans des crises qu’on dit d’identité.

Perdre haleine, fuir et même déserter. Perdre un doigt, mon honneur s’il le faut. Perdre le goût, le goût tout court, le goût des autres, l’odorat et le reste, la mémoire et mes meilleurs amis.

Oh Préférer perdre le sens de l’humour, le nord et les points cardinaux. Perdre du terrain sur l’agenda du monde qui va comme il le peut. Perdre une fonction vitale et même accessoire, toutes mes facultés, l’amour des mots et la position verticale.

Tout ça plutôt que ces assassins.

Perdre « Fanny », le déshonneur qui va avec. Perdre en dépit du bon sens et pire perdre par hasard, envers et contre tout. Perdre immensément, rester exsangue et suppliant. Perdre fragile, perdre apeuré, faible et tremblant. Perdre bobo, léger, rêveur. Préférer être pris par derrière, piégé, baisé mais innocent, naïf et même imbécile même égoïste, frivole et corrompu s’il le faut.

Tout ça plutôt que ces assassins.

Perdre, un ballon de rouge entre les doigts plutôt qu’une arme assassine. Perdre d’être heureux de rien, de pas grand chose, un bout de shit et Bob collé dans mon oreille. Perdre le corps ouvert et bras ballants, cible émouvante en oubliant que quiconque a son ennemi. Perdre croyant qu’il reste un peu d’amour ou en tous cas assez pour vivre désarmé.

Tout ça plutôt que ces assassins.

Perdre d’avoir voulu perdre mon temps ou le plaisir de pas le gagner. Perdre sans une chance de crier un jour « hourra ! »

Oh le gros désespoir qui me prend lui aussi par surprise et de dos.

Et puisque c’est ainsi, perdre sans dieu ni gloire, nous victimes étalées au champ des anonymes nous préférons perdre tout ça plutôt que vous.

Assassins de la nuit, qui êtes vous ?

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